Salaire garanti : la rechute passe à huit semaines
Publié le 18 septembre 2026
En bref : Au 18 septembre 2026, le salaire garanti n'est pas dû une nouvelle fois quand une nouvelle incapacité survient dans les huit semaines qui suivent la fin d'une incapacité ayant donné lieu à salaire garanti. Ce délai vaut pour les incapacités qui commencent dès le 1er janvier 2026 ; il était de 14 jours avant. Exception : un certificat médical établit qu'il s'agit d'une autre maladie ou d'un autre accident.
Un travailleur revient de maladie, reprend quelques semaines, puis retombe malade. Faut-il repayer un mois de salaire garanti ? Jusqu'en 2025, la réponse dépendait d'un délai de quatorze jours. Depuis le 1er janvier 2026, ce délai est de huit semaines, et beaucoup de fiches de paie ne l'ont pas encore intégré.
Ce qui a changé le 1er janvier 2026 : le délai de rechute
Quand un travailleur tombe malade, l'employeur paie le salaire garanti pendant les 30 premiers jours calendrier d'incapacité. Ensuite, c'est la mutualité qui prend le relais.
La question de la rechute se pose quand le travailleur a repris le travail normalement, puis tombe à nouveau en incapacité. Le SPF Emploi l'écrit ainsi : le salaire garanti n'est pas dû une nouvelle fois lorsque la nouvelle incapacité survient dans les huit premières semaines qui suivent la fin de la période précédente.
Avant 2026, ce délai était de 14 jours. Il vaut désormais huit semaines pour toute incapacité qui commence à partir du 1er janvier 2026.
Rechute dans les huit semaines : ce que l'employeur paie encore
Une rechute ne veut pas dire zéro. Si la première incapacité n'a pas épuisé les 30 jours de salaire garanti, l'employeur paie encore la partie restante. Il ne repart simplement pas de zéro.
Exemple. Une employée est malade pendant 12 jours et reprend le vendredi 6 mars 2026. Elle retombe malade le lundi 13 avril 2026, soit moins de huit semaines plus tard. L'employeur ne lui doit pas 30 nouveaux jours : il lui doit le solde des 30 jours non utilisés la première fois. Avec l'ancien délai de 14 jours, un nouveau mois complet aurait été dû.
Deux incapacités qui se suivent sans aucune reprise du travail, par exemple un accident suivi d'une maladie différente, ne forment qu'une seule période. Là, la question du délai ne se pose même pas.
L'exception : une autre maladie, prouvée par certificat
Un nouveau salaire garanti complet reste dû quand le travailleur établit, par un certificat médical, que la nouvelle incapacité est due à une autre maladie ou à un autre accident.
C'est le certificat qui tranche, pas l'intuition de l'employeur. Une grippe en avril après une entorse en mars n'est pas une rechute si le médecin l'atteste. Sans cette mention, la nouvelle incapacité est traitée comme une rechute dès qu'elle tombe dans les huit semaines.
Les périodes de 2025 comptent aussi
Le nouveau délai se calcule à partir de la fin de la période précédente, même si celle-ci date de 2025. Le SPF Emploi donne l'exemple d'une incapacité survenue le 15 janvier 2026, qui peut être considérée comme une rechute par rapport à une incapacité de 2025.
Concrètement : pour chaque nouvelle absence maladie, regardez la date de fin de la précédente, quelle que soit l'année.
Ce qui ne change pas dans le salaire garanti
Le reste du régime est inchangé. Le droit court dès le premier jour d'incapacité, pour les ouvriers comme pour les employés, depuis la suppression du jour de carence en 2014.
- L'employé engagé pour trois mois ou plus reçoit 100 % de sa rémunération du 1er au 30e jour, sans condition d'ancienneté.
- L'ouvrier reçoit 100 % du 1er au 7e jour, puis un pourcentage dégressif jusqu'au 30e jour, à condition d'avoir un mois d'ancienneté ininterrompue.
- Sans délai prévu par CCT ou règlement de travail, le certificat médical doit arriver dans les 2 jours ouvrables.
- Deux fois par année civile, le travailleur est dispensé de certificat pour le premier jour d'incapacité ; une entreprise de moins de 50 travailleurs peut y déroger par CCT ou règlement de travail.
- Le travailleur qui n'avertit pas, n'envoie pas le certificat demandé ou échappe au contrôle perd le salaire garanti pour les jours concernés.
Pour votre fiche de paie : trois réflexes
Un : gardez la date de fin de chaque incapacité, pas seulement le nombre de jours. Sans elle, le délai de huit semaines est incalculable.
Deux : tenez le compte des jours de salaire garanti déjà payés sur la période en cours. En cas de rechute, c'est ce solde qui est dû.
Trois : en cas de doute, demandez si le certificat mentionne une autre maladie. La règle et les pourcentages détaillés figurent sur la page du SPF Emploi citée en source.
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Sources
- SPF Emploi — Suspensions du contrat de travail : maladie et accidents
- FOD Werkgelegenheid — Schorsingen van de arbeidsovereenkomst: ziekte en ongeval